Autoréalisation



Dans une de ces belles maisons protégées,
De riches barricadés entourés de pauvres,
La fête commence et chacun a oublié
La peur des autochtones, à l’heure du hors-d’œuvre.

Entre deux canapés, un claquement sec – Pan!
Tout est paralysé, le temps d’une seconde,
Même l’air s’est gelé, et la terreur féconde
De ce banquet cossu tous les participants.

Puis survient l’hystérie, la terrible folie.
On crie, court, appelle, plonge au sol, bouscule et chute,
Renverse les tables – bris de verre et bruits de lutte,
Les gardes gueulent dans cette cacophonie.

La villa, en état de siège, s’est verrouillée,
Et compte ses victimes – un enfant brûlé vif
Par les braises du feu, une jambe broyée
Sous le buffet tombé, tous à jamais craintifs.

Après une longue attente angoissante, les gardes
Patrouillent le quartier à la lueur blafarde
De leur lampe de poche, et pour tout assaillant
N’ont vu que les pétards de quelques chenapans.